dimanche 19 juin 2011

Coluche, le clown qui voulait changer le monde

19 juin 1986. C’est l’histoire d’un mec qui commence par le mot fin. Michel Gérard Joseph Colucci, dit Coluche, se tue au guidon de sa moto au Carrefour du Piol, entre Opio et Valbonne. Il ne roulait pas si vite que le dit la légende. 60 km/h. Bien loin des 252,087 km/h qui feront de lui un recordman du monde (1985). Mais le clown le plus célèbre de France ne portait pas de casque.
Pas vraiment de l’inconscience, mais plutôt cette insoutenable légèreté de l’être qui semblait lui coller à la peau. C’est bien connu. Tous les clowns ont leur côté sombre. Chez Coluche, cette dualité exacerbée l’a accompagné toute sa vie pour le pire et le meilleur.
On peut en chercher les racines dans une enfance pauvre, à Montrouge, sous l’aile maternelle si fragile de Monette qui a élevé seule Michel et sa sœur Danièle, après la mort prématuré d’Honorio, leur père. « Je ne suis pas un nouveau riche, je suis un ancien pauvre », dira Coluche bien plus tard.
L’adolescence sera forcément écorchée vive. Mais, lorsqu’elle aura fini de s’épuiser dans une petite délinquance de quartier, elle va le sauver. Par la musique d’abord. Guitare en main, l’enfant de Montrouge invente sa vie au fil des rencontres. Un saltimbanque parisien, forcément bohème. Il croise sur les pentes de la Montagne Sainte-Geneviève la figure tutélaire de Georges Moustaki qui l’héberge un temps et lui donne quelque argent. Cette vie-là n’est pas forcément légère mais elle semble s’amuser de voir ainsi éclore un nouveau talent. Romain Bouteille et son « Café de la gare » (1969) parachèveront cette naissance artistique. Coluche pourra désormais inventer un « nouveau rire ». Insolent et irrévérencieux. Un humour qui s’attaque aux tabous de la société et pourfend déjà ce qui n’est pourtant pas encore du « politiquement correct ». Et comme il dit : « Il faut se méfier des comiques, parce que parfois ils disent des choses pour plaisanter ».
A la radio, il partage le micro avec Gérard Lanvin puis Maryse sur Europe1 et se fait virer de RMC après seulement douze jours d’antenne pour le désormais célèbre : « Bonjour, nous sommes en direct du rocher aux putes. »
Guy Lux est le premier à le programmer à la télévision. Sa salopette à rayures bleues et son tee-shirt jaune s’impriment durablement sur le sourire de millions de Français. Les radios ont du mal à canaliser et à assumer son impertinence. Mais Coluche devient un véritable phénomène médiatique. À la fois miroir d’une société et bientôt porte-parole.
Le 30 octobre 1980, il annonce officiellement son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 1981. Un de ses slogans : « Avant moi, la France était coupée en deux. Maintenant elle sera pliée en quatre ». Simple blague ? Un sondage le crédite de 16 % d’intentions de vote et les états-majors des partis ne rient plus du tout.
Il se retirera finalement, mais il aura compris une chose : son aura, sa proximité avec le public lui permettent désormais d’intervenir directement dans l’espace public. En un mot, il a le pouvoir de changer les choses. De la scène à la ville, l’humoriste s’invite au cœur du politique. A une heure où l’on ne parle pas encore de charity business, il invente les « Restos du cœur ». Toujours avec cette légèreté intuitive qui tape à chaque fois dans le mille.
Le 26 septembre 1985, il lance ainsi sur Europe 1 : « J’ai une petite idée comme ça. Si y a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu’on pourrait commencer par faire à Paris » En 2010, plus de cent millions de repas ont été servis par les « Restos ».
Mais la réussite artistique et publique doit composer avec l’homme fragile qui a si souvent flirté avec la drogue et la dépression. Les années 1980 seront particulièrement noires. Il divorce de sa femme Véronique en 1981, s’éloignant de sa vie de famille et de ses deux fils, Romain (1972) et Marius (1976). Son ami Patrick Dewaere se suicide le 16 juillet 1982. « La femme de mon pote » de Bertrand Blier raconte en filigrane la relation si particulière qu’avaient noué Miou-Miou, Dewaere et Coluche. Le clown triste dévoile son côté sombre au cinéma dans Tchao Pantin (1983). Il décroche le César du meilleur acteur.
Coluche est mort à 41 ans. Il a porté le nez rouge du clown au firmament de la reconnaissance. Tout le monde se souvient où il était et ce qu’il faisait lorsqu’il a appris sa mort. Alors Tchao pantin, tu laisses un sacré schmilblick
http://www.leprogres.fr/actualite/2011/06/18/coluche-le-clown-qui-voulait-changer-le-monde

6 commentaires:

SONYA a dit…

c'est un bel hommage que tu lui rends
temps brumeux hélas aujourd'hui

je te souhaite une douce fin de journée

bisous créoles

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Anonyme a dit…

Bonsoir Francis,
Un sacré personnage Coluche qui disait les quatre vérités et n'avait pas peur.
J'espère que tu as passé une bonne journée.
Gros bisous - Bonne soirée
Danièle

papatte a dit…

kikou p'tit loup
je passe te faire de gros bisouxxx baveuxxx et te souhaiter une bonne nuit

mariuss a dit…

Bien !

Jacqueline a dit…

En cette période son esprit caustique son humour grinçant nous manquent .
Bonne journée bises Jacqueline

francine a dit…

Bonjour
Un bel hommage à Coluche.
Il a fait beaucoup pour ceux qui sont oubliés.Et maintenant grâce à lui d'autres continuent. C'est important!
Je te souhaite une bonne journée
Bises